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samedi 24 août 2013

Une matinée à Tallinn

Ça va être un peu compliqué d'écrire sur l'Estonie et sur Tallinn vu le peu de temps que nous y sommes restés... Mais essayons quand même de noter quelques impressions...

 
Alex par l'odeur alléché


Levés à 9h avec pour seul objectif d'aller profiter du petit-déjeuner gratuit et ça pour en avoir profité on en a profité !
On a rempli un sachet kraft d'abricots secs et de petits biscuits et emballé 4 sandwichs dans des serviettes en papier pour un probable petit creux de l'après-midi, tout ça sous les regards hagards de nos voisins de table. On a aussi embarqué quelques sachets de thé avec nous, le seul produit bio proposé sur le buffet...


L'hôtel dans lequel nous avons dormi est très grand est rempli de finlandais et de norvégiens qui se déplacent en grand groupes, parlent très fort, et se ruent dans les magasins de vente d'alcool avant de revenir au pays, car visiblement c'est beaucoup moins cher ici.




Nous sommes ensuite partis nous promener dans la ville à l'allures très médiévale.
Une drôle d'impression : on dirait une ville de reconstitution ! Des serveurs déguisés  en costumes traditionnels, des magasins de souvenirs, de la musique médiévale dans les rues... Et surtout des groupes de touristes de tous côtés avec casquettes, gourdes et sacs banane.
Dans tous les cas ce n'est pas trop notre truc : trop "mignon" et puis surtout, trop ville. Nous on a hâte de voir de la campagne !
C'est assez rare pour le préciser : aucun français rencontré à la ronde, ça sent la Scandinavie par ici !
Quelques photos en vrac :




Une église à Tallinn : télés et enceintes au rdv
La vue de notre chambre
Donc rien de bien fou à vous raconter, et en même temps nous n'avions pas beaucoup d'attente de cette ville. Les gens en tous cas y sont aimables et les chauffeurs de taxi se précipitent pour vous aider à enlever et remettre votre sac à dos.
Une fois la chambre rendue, les adieux faits au lit moelleux, direction l'aéroport pour notre vol vers St Petersbourg. Nous avons découvert ici un concept super chouette : la librairie de l'aéroport !


L'idée : des fauteuils confortables, des étagères de livres et chacun peut se servir.
Ça va même plus loin : si le livre est captivant on a le droit de l'emmener avec soi et si on en a envie on peut aussi déposer ses propres livres pour les faire découvrir à d'autres voyageurs en transit !
Un petit panneau explicatif invite même chacun à noter ses pensées, des remarques, etc. directement sur le livre pour les transmettre à d'autres personnes.



vendredi 23 août 2013

Jour J ! A nous l'Estonie !

Nous voici bien arrivés à Tallinn, capitale de l'Estonie.
Bondues et Gluten

La route jusqu'ici a été semée de jolis souvenirs ressassés car nous avons laissé Lille derrière nous puis retrouvé l'aéroport de Bruxelles que nous connaissons désormais très bien (quand nous vivions à Berlin nous rentrions toujours par Bruxelles).

On y a d'ailleurs retrouvé un vieil ami avec qui nous avions à l'époque passé de longues heures d'attente et dont la douce mélodie revient souvent dans nos têtes... 
On partage ça avec vous et avec le son en prime !



De Bruxelles, 2h15 d'avion et nous voici à Tallinn avec une heure de décalage horaire.
On arrive donc à minuit heure locale et là il faut réussir à trouver une personne encore dans l'aéroport pour avoir le droit à notre fameuse chambre d'hôtel gratuite (pour ceux qui n'auraient pas suivi l'histoire, c'est ici)

On a eu un petit doute sur la faisabilité mais au final taxi payé aller et retour et un hôtel dans le centre ville (avec petit déj inclus, et les cartes magnétiques pour ouvrir la porte, royal !)
Donc on sera sur place pour voir la ville demain matin avant de reprendre notre avion à 14h05 direction la Russie !
De ce qu'on en a vu pour l'instant il y a beaucoup de magasins, d'enseignes à néons et tout le monde boit de la bière ! Et on a appris un mot : "tänan" à prononcer "Danone" enrhumé, qui veut dire merci.
On verra tout ça mieux demain, on court profiter de nos nouveaux lits moelleux et des vraies serviettes éponge tant qu'on le peut !

On est heureux d'être là où on est, on prend le temps, on est vraiment dans le présent et ça ça fait du bien depuis le temps qu'on était dans le futur du voyage ! A très vite !

Dans l'avion, juste avant le décollage...


jeudi 22 août 2013

J-1, on est prêts !

Pfiou, ça y est on y est presque ! Le 23 août 2013 c'est demain et nous sommes bien prêts pour le départ !
Ces derniers jours ont été plutôt musclés puisqu'on a enchainé : mariage, déménagement, préparatifs du voyage et tournée des au revoir !

Dissolution du trousseau de clés
Grâce à nos nombreux amis dévoué, le déménagement s'est déroulé en un temps record ! Au final nous avons gardé un peu plus de choses que ce que nous pensions mais le tout a quand même pu être déménagé dans un camion de 9m3 non rempli et occupe le quart d'un grenier parental, quand on se dit que c'est tout ce qu'on possède ce n'est quand même pas si mal !
On est plutôt satisfaits.

L'appart tout vide...
Alex est parti de l'appart sans un regard en arrière tandis que Raph a eu besoin d'un peu de temps pour prendre des photos des pièces vides et réaliser ce qui se passait...
Comme on vendait notre voiture le lendemain, on était tout bonnement en train de disséminer notre trousseau de clés !
Plus de factures à payer, plus d'adresse administrative, on ressent enfin une liberté dont on rêvait depuis quelques temps !Notre maison c'est maintenant notre sac à dos !


Organisation des sacs
Le cœur du voyage ! On a décidé qu'un sac à dos bien organisé répond à 2 critères :
- son poids est bien réparti
- quand tu as besoin de quelque chose ça doit être accessible rapidement 

Pour ceux que ça intéresse voici l'inventaire de ce que nous emportons
(avec les photos pour jouer à "Où est Charlie ?" en même temps !)

Contenu du sac d'Alex





Raph
Alex
MATOS
  • Un sac de couchage confort 0°
  • Un matelas de sol
  • Un chapeau
  • 3 bobines de fil / 2 aiguilles
  • Un cadenas
  • Une pochette en toile à zipper autour de la taille
  • Un livre (" L'Usage du monde " de N. Bouvier)
  • Un guide (Le transsibérien – Lonely Planet)
  • Un carnet de notes et un crayon
  • Un petit oreiller de voyage (fait maison pour pouvoir dormir partout)
  • Une grande serviette de toilette
  • Une petite serviette de toilette
  • Des lunettes de soleil
  • Un couteau multifonction
  • Une lampe frontale
  • Quelques cadeaux de France
  • Des poupées de soucis (que Fred et Arno nous avaient offertes il y a 1 an et demi en prévision du voyage !)
  • Une boite d'allumettes
  • Un brassard réfléchissant
  • Une clé USB
  • Un mouchoir en tissu
  • Un sac plastique
  • Un sac en toile pour le linge sale
  • Un appareil photo/ chargeur
  • Deux cartes SD
  • Un quart (godet) en alu
  • Une trousse à pharmacie (aspivenin/ divacup/ base de crème neutre/ huiles essentielles de tea-tree, de gaulthérie, de niaouli, de menthe poivrée, de lavande aspic, de géranium, / extrait de pépin de pamplemousse/ sparadraps / gaze/ tête de brosses à dents de rechange)
  • Une trousse de toilette ( un shampoing solide/ un dentifrice/ deux brosses à dents/ un gratte langue/ un savon/ un rasoir/ une crème hydratante/ une tondeuse mécanique/ un rasoir « coupe chou »/ des cotons tiges/ une pince à épiler/ un coupe ongles/ un savon multi usages/ 4 paires de boucles d'oreille/ des pinces à cheveux/ un bandeau pour les cheveux )
  • Un sac de couchage confort 0°
  • Un matelas de sol
  • Un chapeau
  • Une pochette en toile à zipper autour de la taille
  • Un carnet
  • Un crayon
  • Un petit oreiller de voyage
  • Une grande serviette de toilette
  • Une petite serviette de toilette
  • Une moustiquaire
  • Une tente
  • Un petit baise-en-ville
  • Une bouteille thermos
  • Une boussole
  • Une lampe frontale
  • De la crème solaire
  • Des lunettes de soleil
  • Un harmonica
  • Un couteau mono fonction
  • Une clé USB
  • Un lecteur de cartes
  • Un lecteur de cartes de crédit
  • Un portefeuille (carte de crédit/ carte vitale/ permis de conduire/ permis de conduire international/ carte d'identité et passeport/ carte de don d'organes, cartes de la conseillère clientèle du crédit coopératif, et pis des sous!)
  • Un enregistreur NAGRA
  • 2 micros
  • 2 bonnettes coupe vent/ moumoute (tout ça dans des belles sacoches confectionnées par Mathilde)
  • Un chargeur universel
  • Un câble
  • Une poignée/ barre de couple
  • Un netbook
  • Un téléphone de portable (avec notre forfait actuel débloqué)
  • Un mouchoir en tissu
TEXTILE
  • Une paire de chaussures de randonnée et lacets de rechange
  • Une paire de baskets en toile
  • Une paire de sandales
  • 4 paires de chaussettes (dont une très chaude)
  • 5 culottes
  • 1 maillot de bain
  • 1 soutien-gorge
  • 1 brassière
  • Une veste coupe vent/pluie
  • Un poncho de pluie
  • Une écharpe
  • Un jean
  • Un pantalon / short
  • Une polaire
  • Deux gilets
  • 3 t-shirts courtes manches
  • 2 t-shirts longues manches
  • Une robe
  • Une jupe
  • Une paire de chaussures de running, ultra légères
  • Une paire de tongs
  • Une veste coupe vent/pluie
  • Un poncho de pluie
  • Un bermuda
  • Un jean
  • Un pantalon / short
  • Un caleçon de bain
  • 4 caleçons
  • Une paire de soquettes
  • 5 paires de chaussettes(dont une très chaude)
  • Une chemise type bucheron
  • Un t-shirt blanc
  • Un maillot de corps noir en coton à manches longues
  • Un T-shirt anti-transpirant
  • 2 T-shirt longues manches (dont un plus chaud)


NOURRITURE

- Du muesli (390g)
- 150g de noisettes
- 165g d'amandes
- 35g de noix de brésil

Contenu du sac de Raph
Au final, nous avons chacun 13 kilos sur le dos.
On a pu prendre le temps de défaire nos sacs, de réaliser cet inventaire et de prendre les photos chez une amie qui nous a ensuite chronométré pour tout re-ranger : 5 minutes montre en main pour tout remettre en place ! Pas mal non ?
On a oublié de préciser : billets d'avion, passeports, carte d'assurance, mais tout ça parait logique...

La coupe de cheveux !
Elle en parlait depuis le début, elle l'a fait ! Les photos parlent d'elles-même !

                                                      AVANT                                          APRES
 


Voilà ! Tout est donc prêt pour le grand départ dont nous parlons depuis maintenant bientôt 3 ans !
C'est presque difficile à réaliser et pourtant on y croit et on est heureux !
Demain nous prenons l'avions à 20h30 à Bruxelles, direction Tallinn et puis ensuite...
On vous tient au courant !

mercredi 24 juillet 2013

Totnes : Petite excursion en Angleterre

Nous sommes partis avec Véro, notre fidèle monture, voir ce qui se passe un peu chez nos voisins d'outre-manche...
 
En attendant le Ferry à Dunkerque

Direction Totnes, ville connue pour être à l'origine du mouvement des villes en transition.
Le concept est simple : viser l'autonomie énergétique et alimentaire ainsi que la résilience : pouvoir être autonome en cas de forte récession, hausse du prix du pétrole, raréfaction des énergies fossiles (gaz, essence, nucléaire...), ce qui est effectivement en train d'arriver d'ici une cinquantaine d'années.


Plutôt que de décider d'être affolés par toutes ces incertitudes à l'avenir, ils prennent le contre-pied et changent la donne dès aujourd'hui : leur manière de voir les choses, de consommer, d'habiter.
On avait bien envie de voir tout ça de nos propres yeux !

Parce que nous avons le temps, nous décidons d'emprunter les petites routes.
Totnes se trouve au sud-ouest de l'île, vers Plymouth, nous longeons donc la côte sud de l'Angleterre.

Au fur et à mesure des 'miles' parcourus, nous voyons le paysage évoluer, passant de villes balnéaires charmantes serrées les unes aux autres, à des petites stations un peu plus éloignées et sauvages, et la végétation change.
Les champs et les forêts commencent à devenir plus denses, plus vallonnés ; les maisons deviennent des cottages ou des corps de fermes aux toits de chaume, et devant les habitations se dressent de curieux véhicules à quatre roues motrices, souvent très gros et imposants.

On commence à comprendre quelle genre de population peut se permettre d'habiter ces régions verdoyantes... Véro se fait de plus en plus doubler par ces engins surdimensionnés aux lumières aveuglantes.
Nous comprenons que les touristes, eux aussi, utilisent le mêmes type de véhicules, sûrement par souci de passer incognito dans la région.
Véro seule contre tous
Erica & Ian

Nous sommes accueillis à Totnes par Erica et Ian, un couple plutôt libre aux personnalités très différentes !

Erica est consultante en habitat durable, et travaille pour une association qui enseigne la construction de maisons en paille aux personnes n'ayant pas de logement.

Ian se définit comme étant un 'Interdimensionnal Wizard', soit un sorcier interdimensionnel. Touche-à-tout, il est passionné par l'électronique et les inventions.

Tandis qu'Erica est plus timide et se dévoile peu, Ian cherche à expliquer sa vision de la vie, ses trouvailles techniques et ses questions existentielles à qui veut bien l'écouter. Un de ces nombreux métiers est de faire des démonstrations d'inventions lors de festivals un peu alternatifs (type Glastonbury) . Il nous a ainsi longuement parlé du moteur Stirling, de la turbine Tesla, et fait tester son Realizer, appareil qui capte tes réactions émotives.
De longues soirées de discussions et de réflexions !

Première impression de Totnes

En arrivant à Totnes, quelque chose nous titille tous les deux.
Où sont donc les parterres de légumes ? Les vergers luxuriants ? Les maisons colorées aux portes grande ouvertes ? Les résidences d'artistes impertinentes ?
On avait peut-être un peu trop d'attentes...
Oui, car ce qu'il y a principalement à Totnes au premier coup d’œil, ce sont des maisons avec des panneaux solaires et des magasins bio et équitables.

Transition Walking Day

Le mouvement 'Villes en Transition Totnes' organise des visites tous les 15 jours pour expliquer le projet tant aux visiteurs curieux qu'aux locaux non-impliqués.
Nous sommes 8 personnes curieuses à y participer ce jour : 1 néo-zélandais vivant en Angleterre, 1 allemande, 1 chinoise vivant à San Francisco, 1 japonais et nous ! Autant dire que le concept attire des gens de toute part mais bien peu de locaux...

L'idée que nous nous faisions de ce tour était une sorte de plongeon dans le quotidien de la ville en transition : les gens qui y participent, le changement dans leurs modes de vie, discuter avec des personnes de tous les horizons, découvrir des idées écologiquement innovantes, etc.
Finalement, le petit tour s'est transformé en visite guidée de la ville et de son histoire : nous avons seulement parcouru les rues et nous sommes arrêtés de temps à autre pour écouter quelques anecdotes historiques et évoquer  les différentes actions menées par le mouvement.
Même si le contenu était intéressant, nous nous attendions à autre chose.

Ce que nous ressentons du modèle des villes en transitions ?

 

Concernant Totnes, c'est une ville touristique, enclavée dans une région (le Devon) aussi très touristique. Et quand on parle de tourisme, il faut savoir que la région attire principalement la population retraitée aisée de l'Angleterre. Dans le Devon, chaque (grande) maison a sa (grosse) voiture et personne ne sort sans son petit pull sur les épaules si on peut dire cela comme ça  !

Le mouvement 'villes en transition' veut relocaliser l'économie de la ville, et c'est vraiment l'axe majeur, ainsi que retisser du lien social entre voisins, habitants et commerçants.
Ainsi, le mouvement s'organise un peu comme un parti politique citoyen, sans étiquette, qui pousse les élus locaux à changer leur cap.

Alors oui, ça marche, il y a des panneaux solaires sur la mairie et sur beaucoup de maisons, des magasins bios, des cafés servant des pâtisseries faites maisons etc.
Mais nous nous attendions à plus de créativité, plus de spontanéité et d'idées. Beaucoup de choses sont mises en œuvre, mais il s'agit de projets dont nous avions déjà entendu parler un peu partout dans le monde, nous qui pensions nous retrouver dans le berceau de l'innovation écologique...

Quelques jours plus tard, alors que nous nous rapprochions de la mer, à 20 minutes en voiture, à Dartmouth, nous avons mieux compris la situation. Tout à coup nous nous retrouvions au Touquet (Paris Plage) !
Et en y regardant mieux, tout ce qu'il y a autour de Totnes c'est le Touquet : des gens bien apprêtés, bien bronzés comme il faut, qui louent des bateaux avec des visières sur la tête, et qui font la queue au tabac du coin pour acheter des bouteilles d'eau minérales (pas comme nous avec notre gourde remplie avec l'eau des toilettes du bar du coin)


Alors oui c'est vrai que dans ce contexte, Totnes c'est l'eldorado de l'écologiste ! Mais ça reste tout de même à nos yeux bien gentillet.

Pourquoi viser 80% d'autonomie alimentaire d'ici 2030 quand on pourrait aller bien plus vite? Oui car pour l'instant il n'y a qu'une petite dizaine de parterres de légumes dans toute la ville...
Pas de quoi organiser une soupe populaire encore.



 Et le bio et le commerce équitable ?

Ce qu'on a aussi pu remarquer pendant ce périple, c'est que les anglais sont les rois de la dénomination douteuse !
Ici, le terme et label "Organic" (bio) est en réalité peu connu et moins un critère que le "fait local".
Dans les cafés ou sur les emballages tu peux à coup sûr rencontrer l'une des appellations suivantes :

Local made! (fabrication locale)
Freshly made! (produit frais)
Fresh from farm (produit de la ferme)
Home-made! (fait maison)
Healthy! (aliment sain)
100% Natural! (100% naturel)
Wholefood! (aliment complet)
No OGM! (pas d'OGM)
No additives! (sans additifs)
No Chemicals! (sans chimie)


Mais rien ne dit que ces aliments soient bio. D'ailleurs pour la plupart, ils ne le sont pas.
Même rentrer dans un magasin bio (Organic Store) ne t'assure pas de ne trouver que des produits bio. Exemple: tu peux trouver en magasin bio la fameuse marque de chips anglaise Tyrrel's, bien qu'elle n'ait pas le label bio européen.

Suite et Fin

En partant de Totnes, nous devions rendre visite à une association qui plante des arbres en agroforesterie, mais on a ensuite appris qu'il s'agissait d'arracher des mauvaises herbes. Dans notre conception des choses qui poussent, il n'existe pas de mauvaise herbe, et nous sommes plutôt partisans des systèmes qui marchent d'eux-mêmes, sans intervention.
Nous avons donc décidé d'abréger notre petit tour en Angleterre et de rentrer tout doucement en France.

Bien que ce billet soit teinté de petites déceptions çà et là, il n'en fait pas moins une mauvaise expérience, au contraire ! Nous avons passé un très agréable moment sous le soleil anglais, à dormir dans la voiture (sous le regard ahuri des voisins, nous faisant des signaux de lampes de poche pour rentrer en contact avec nous !), à se promener dans la verdure à perte de vue !

Nous rentrons également contents de voir que nous arrivons à suivre nos envies, comme nous le voulions. Si l'envie de partir se fait sentir, nous partons, tout simplement !

jeudi 6 juin 2013

Mais qui sommes-nous donc ?

J'avais envie depuis quelque temps de soumettre de brefs articles sur le blog entre les 'principaux', pour faire part d'une réflexion, d'une pensée, et puis je me suis dit que la première chose à écrire serait de parler de
qui nous sommes exactement et pourquoi nous faisons ce que nous faisons.

Génération 90
Nous faisons partie de la génération 90 tous les deux, sans conteste. 
Attention, cela ne veut pas dire que nous sommes nés en 90, non ! Cela veut dire que nos souvenirs d'enfance et d'adolescence se sont construits pendant ces années, et que ces années ont certainement déterminées les personnes que nous sommes devenues aujourd'hui.
Les années 90 ont surtout marqué l'univers musical  : Gala, Eiffel 65, DJ d'Agostino, Corona, les Minikeums, la Schtroumpf Party 1, ils ont assis les bases d'un mouvement artistique sans précédent : La dance.
Le divertissement télévisuel est apparu, plus drôle que jamais : Les Enfants de la Télé, Les Z'Amours, La Brosse à dent, Patrick Sébastien et Christine Bravo dans toute leur vigueur.

France 3 Nord-Pas-de-Calais - Picardie
Nous sommes tous les deux nés sur le même sol argileux : La Grande Picardie ou, Le Grand Nord (selon le chauvinisme régional). 
Terre lourde géologiquement, et terre lourde d'histoire. 
Tous les deux nés et élevés à l'abri des villes en plein boom - où les restaurant chinois et les premiers kebabs faisaient leur apparition - nous coulions des jours heureux à la campagne dans nos jardins respectifs, avec pour seule sortie en ville la fameuse sortie au Centre Commercial (parfois aussi appelé "Cité de L'Europe") : l'expansion de la ville, sorte de parcs d'attractions d'achats où tout brille, tout est illuminé, et tout se ressemble. 
Mais c'est là que l'ivresse bat son plein, et un petit bain de foule était sûrement nécessaire, reculés que nous étions.
Le milieu social dans lequel nous avons vécu a donc été déterminant dans nos vies. Ainsi, de nos amis d'enfance, Kévin, Vanessa, Dylan et Allison (entendons classes primaires et collège) nous ne retenons personne, ou quasi, tous fondus dans la masse du système que nous remettons en question depuis quelques temps.


Educations parallèles

La chance que nous avons eu est que nous avons reçu la même éducation, avec les mêmes valeurs.
Le partage, l'honnêteté, l'ouverture aux différences, ne pas gaspiller, finir son assiette, la valeur et le respect des personnes et des animaux, ne pas casser ce qu'on te prête, finir ce qu'on a commencé, ne pas voler...

Tous les deux petits derniers de la famille, nous avons connu le modèle de notre grande sœur, avec quasiment la même différence d'âge, à savoir 4 ou 5 ans.
La figure de la grande sœur a aussi certainement été déterminante dans notre construction personnelle, mais aussi dans les échanges et anecdotes que nous avons pu partager une fois que nous nous sommes rencontrés...


Ascenseur social

Nos parents ont pris l’ascenseur en route souhaitant vite se séparer du cocon familial, ils ont voulu construire leur famille vite en se mariant et devenant indépendants. 
Plein d'énergie, ils ont mis tous leurs efforts de leur côté pour nous permettre d'avoir les moyens d'aller à l'école, mais aussi de pratiquer notre activité extra-scolaire artistique : le théâtre et la musique.
Pour tous les deux, nos parents se déplaçaient volontiers pour nos auditions et représentations, fiers de nous voir briller dans nos domaines !
C'est aussi ce qui nous démarquait des autres enfants. Les copains que j'avais au conservatoire n'était pas les copains que j'avais à l'école, et j'étais pour ainsi dire le seul à l'école à savoir lire la musique et jouer d'un instrument.
Je me sentais donc sensiblement différent. 

Nous nous promettions donc à un avenir brillant, logique du système dans lequel nos parents nous ont mis au monde : La Croissance Infinie. 
Si eux-mêmes, fils et filles d'ouvriers ou d'agriculteurs, s'étaient démarqués et avaient trouvé un travail, puis avaient grimpé les échelons avec assiduité et détermination, avaient pu s'acheter un bien immobilier, une voiture, tout ça sans avoir le baccalauréat et l'accès aux études supérieures, il semblait logique que nous ferions mieux qu'eux, pour aller plus loin, plus vite et être en sécurité financière plus longtemps, jusqu'à nos vieux jours.

D'autant plus que nos grandes sœurs ont fait mieux, elles sont allées jusqu'au bout de leurs études supérieures, se sont intégrées à une entreprise, et ont réussi à obtenir le statut et le salaire de cadre que leurs études leur avait promises.


Nos études supérieures à nous !

Nous aussi, nous avons eu la chance de pouvoir faire les études que nous voulions faire.

Raphaëlle, un peu perdue, s'est donnée une année pour réfléchir en s'inscrivant dans une fac de langue : l'anglais et l'allemand, ça servira toujours, s'est elle dit !
Et puis elle s'est lancée dans une école d'art : parce que c'est un sujet passionnant.

Quant à moi, j'ai choisi l'audiovisuel et le multimédia, fourre tout à mi-chemin entre mes deux activités extra-scolaires : la musique et l'informatique (geek).
C'est en plein dans ces études que nous nous sommes rencontrés, et que nous avons commencé à voyager : 

A Oslo, à Berlin, à Tokyo, en Turquie, sur le Danube pendant 1 mois et demi, en Pologne, puis en Grèce.
Tout ça devenait enrichissant, nous voulions mettre les voiles tous les deux vers un pays étranger.


Nous nous sommes installés à Berlin, où nous avons vécu une année Erasmus en même temps puis sommes restés encore un an, enfin nous sommes rentrés en France, en manque de chaleur humaine, d'amis, de fromage, et de toute cette culture de Patrick Sébastien, Michel Drucker et Christine Bravo dont nous pouvions parler avec les gens que nous rencontrions.

Berlin a été le point d'ébullition de nos réflexions, tout est venu en même temps

  • Ce que nous mangeons nous empoisonne > on consomme Bio
  • Ce qui est bio n'est pas forcément local, et vice et versa > on consomme bio ET local
  • L'industrie de la viande est cruelle > on devient végétariens
  • le lobbying de l'industrie pharmaceutique et les scandales médicaux ? > On arrête de prendre des médicaments (et on se sensibilise à des manières de faire plus alternatives, plus à l'écoute de son corps en amont) 

Puis nous débarquons à Lille et continuons nos réflexions de plus bel : 

  • Le bio et local, ça existe sous forme d'AMAP !
  • La spéculation de l'argent > on change de banque 
  • L'énergie nucléaire n'est pas propre > on pense à changer de fournisseur d'électricité (mais ne l'avons pas fait, car nous partons trop prochainement)
  • L'argent ne sert pas à tout > on découvre les Systèmes d'Echanges Locaux
  • Nous devenons écoeurés par la consommation > on arrête d'acheter
  • La possession de choses nous empêche d'être libres > On se débarrasse de nos biens
  • Des montages de plastiques et d'emballages polluent la planète > Opération 0 déchets 

Toutes ces réflexions ont bâti un code moral et des valeurs auxquelles nous croyons énormément, et dans lesquelles nous sommes pleinement heureux, agissons en pleine conscience, et tout ça sereinement. 
Ces valeurs sont devenues si fortes que souvent elles facilitent nos prises de décision car nous agissons en leur nom.


La décroissance

Et du coup, dans l'histoire, nous n'avons pas intégré L'entreprise qui nous permettrait de 'bien vivre' et d'acquérir notre bien immobilier au plus vite.
Nous avons même choisi délibérément de ne pas travailler dans notre branche, celle de nos études, abandonnant toute perspective de carrière.

Ce que nous voulons, c'est être tous les deux.
Ce qui implique d'avoir des activités séparées, de temps en temps, mais d'être toujours au même endroit, au même moment.
Nous réfléchissons donc toujours à la forme que prendra la vie que nous voulons construire.

Peut être que le voyage répondra partiellement à ces questions . 
Ce qui est sûr, c'est que nous allons rencontrer des gens qui alimenteront toujours notre réflexion, encore et encore...

samedi 1 juin 2013

Un trimestre en transition

Moins d'un trimestre et nous serons déjà sur les routes ! 
Que le temps se compresse étrangement à mesure que nous nous rapprochons de LA date !

Cependant, LA-dite date n'est finalement devenue qu'une date-étape parmi tant d'autres dates, tellement d'événements s'enchaînent en peu de temps.
Un petit point est donc de rigueur sur ce qu'il s'est passé dans les faits et dans nos têtes depuis la dernière fois...

La Démission
Alex rédige sa lettre de démission !

Alexandre a donné sa démission le 7 mai pour quitter son poste de "Responsable de la boutique du Fournil Bio de Saveurs et Saisons" à Wazemmes.
Le voilà soulagé d'être au clair avec ses employeurs et ses collègues.
Le fait de parler à ses clients et ses collègues du départ le fait maintenant pleinement réaliser, il était temps !!

Une page qui se tourne donc le 6 juillet 2013, son dernier jour ! Peut-être son premier et dernier boulot ? Allons savoir...



Dépossession et pré-déménagement

Le constat est alarmant : même si nous avons réussi à ne pas accumuler d'objets en 1 an de vie à Lille, il nous reste quand même sacrément de choses qui remplissent les bibliothèques, les étagères, les placards, et le fameux espace sous le lit...
Mais que va-t-on faire de tous ces trucs ?

SOLUTION 1 : Le bon coin
Comme évoqué dans le billet précédent, nous continuons toujours à vendre sur leboncoin.fr, notre site favori lorsqu'il s'agissait d'acheter des articles d'occasion, site qui s'avère être en revanche carrément pénible pour ce qui est de les vendre...
En fait, vendre un bien sur leboncoin prend beaucoup d'énergie et de temps, à compter
  • choisir si l'objet se vend ou pas
  • déterminer son prix
  • prendre 3 photos (et plus si jamais l'intéressé en redemande)
  • faire sa description
  • attendre des réponses
  • déchiffrer les réponses remplies de fautes d'orthographe, et répondre aux demandes
  • attendre le paiement (délai de 4 jours en général)
  • Aller à la poste déposer le colis
  • Aller à la banque déposer les chèques
WOUWHOU !!! 
Une fois ce parcours du combattant achevé et les 3,50 euros de plus sur ton compte, tu te dis quand même que finalement passer à Emmaüs et déposer tout ça te coûterait moins en investissement.

SOLUTION 2 : Exposer en brocante

Des voisins qui nous ont filé le bourdon...
Aaah la brocante. Nous en avions de très bons souvenirs ! Les brocantes de village avec Papa, Maman, les oiseaux, la buvette et vendre ses jouets et ses BDs en sirotant une limonade tranquillement.

Patatra, le mythe s'effondre. Les brocantes de 2013 ne sont plus les brocantes de 1996.
Ici point le temps de sortir la première fringue de sa valise pour l'exposer qu'on vous l'arrache des bras, on vous demande son prix, sa taille, on vous le rejette sur la bas-côté, on vous prend la valise et on vous la retourne complètement.
Bon bon, passé cet ouragan, force est de constater qu'aujourd'hui on ne vend plus rien à plus de 1euro, c'est dramatique.

De quoi quand même bien relativiser, une fois de plus, sur le besoin réel de devoir acheter du neuf, qui plus est, du neuf de prêt-à-porter dont on se lasse au premier lavage, des DVDs qu'on ne regarde qu'une fois, ou CDs qui prennent beaucoup de place.

SOLUTION 3 et 3Bis : Emmaüs ou la Bibliothèque

Eh oui ! bien pratique, on dépose et on s'en va, et on a oublié en 2h tout ce qu'on vient d'y déposer.
Bon, pour la bibliothèque, c'est un peu plus compliqué, tout n'est pas accepté. Mais garanti d'être réutilisé, et c'est ça de moins que les gens n'iront pas acheter neufs !

Nous avons donc choisi les 3 solutions.
Ce dont il sera difficile de se séparer sera les livres, les CDs, nos ustensiles de cuisine de compét', notre lit...

Nous avons aussi envoyé notre beau recommandé pour mettre fin à notre bail.
Nous rendons les clés de notre appartement le 15 août prochain, soit une semaine avant de partir. Concret concret concret !


Prolongement du processus de dépossession...
Zéro déchet à la maison !  

Encore une petite expérience supplémentaire à notre vie bien remplie en réflexions écologiques.
La problématique du déchet ménager et la dépense énergétique autant pour traiter ces déchets que pour les générer.
Après avoir visité un centre de tri des déchets, avoir vu un trailer de film sur le plastique et les albatros qui en ingèrent, un autre trailer sur une décharge à ciel ouvert près de Marseille, et surtout une famille aux Etats-Unis qui vit sans aucun déchet, il était temps qu'on se décide nous aussi à changer notre comportement et à tenter l'expérience.
Voilà.

Fini les produits emballés : plaques de chocolat, shampoing et autres chips.
D'ailleurs un fabricant de chips canadien a bien failli être précurseur en la matière : il a décidé de mettre en vente des paquets de chips avec emballage biodégradable. Seul problème : les gens se sont plaints à la marque que le paquet faisait trop de bruit...
A ceci, la marque a répondu : "Oui, le sac fait du bruit, c'est le bruit du changement !"
Voir le lien ici

Disons que nous, nous avons choisi de bannir toute forme de déchets non recyclables (ou déchets ménagers), mais de continuer à acheter, si besoin réel, des choses emballées en matières cartonnées ou recyclables.
Mais finalement, on s'y est fait puisque de toute façon, nous prenions déjà beaucoup de nos céréales, noix, sucre et légumineuses en vrac. L'idéal est que ça en devienne systématique.
On a commencé à faire notre déodorant et notre dentifrice maison ! Recettes disponibles pour les personnes intéressées ! 

Le gros point positif à tout ça, c'est que nous n'avons pas besoin de descendre les poubelles très souvent ! Aaah bah ça c'est une bonne nouvelle madame.
Et pour les déchets organiques, nos vers de lombricompost s'en délectent parfaitement dans leur petite maison à 3 étages et les réduisent à leur manière (oui vous avez bien compris)

Là aussi pour diminuer la poubelle organique, petite astuce toute simple : il suffit de manger ce qu'on épluche.
La peau du kiwi par exemple est tout à fait comestible, les carottes, navets, betteraves et patates peuvent se brosser. En plus c'est dans la peau que se cache toutes les meilleures vitamines !
D'où l'utilité d'acheter tout bio, évidemment, sinon le cocktail vitaminé de pesticides est bien moins efficace...


Et ... Totnes !

Comme Alexandre quitte son travail en juillet, nous voulions en profiter pour prendre l'air et surtout voir ce qui se fait comme initiatives / alternatives près de chez nous.

L'idée nous est venu d'aller faire un tour à Totnes en Angleterre, ville de 7700 habitants où a vu naître le mouvement des Villes en Transition "Transition Town", qui vise un retour au local, une autonomie énergétique et alimentaire à 80% pour 2030.
Le projet avait démarré en 2006, donc depuis 7 ans il a dû se passer bien des choses et nous tenons à partir en ayant en tête une image d'un mouvement qui part d'une prise de conscience en Europe.

Nous allons être accueillis a priori par un couple sextuagénaire assez investi dans le projet, Erica est coach de vie et membre d'une association consultante en éco-construction et Ian sorcier des temps modernes (d'après ses propres mots)

Un beau programme en perspective.... Et puis c'est aussi pas mal pour rôder notre matériel !

Ça ce sera donc pour fin Juillet, le voyage avant le voyage !




vendredi 26 avril 2013

Ваш паспорт пожалуйста / Votre passeport s'il vous plait !

Les visas
Hier, nous sommes allés à Bruxelles récupérer nos passeports garnis d'un nouveau visa Russe tout pimpant, tout brillant, tout beau dedans. Nous sommes la preuve vivante que c'est possible d'y arriver sans passer par une agence qui vous mâche le travail et empoche une commission !
Beaucoup d'organisation au préalable, mais on peut en venir à bout ...

Voici les principales étapes pour avoir un joli visa touristique Russe sans accrocs :
  • Etre positif, patient, et calme, dans un premier temps c'est essentiel.
  • Faire faire une attestation d'assurance (attention l'organisme d'assurance doit être agréé par la Fédération de Russie) qui reprend bien le terme "Territoire de la fédération de Russie", les dates exactes de votre voyage prévu là-bas et qui précise bien prendre en charge financièrement les cas de maladies, sinistres et rapatriement. Ils sont pointilleux sur les termes à l'ambassade....
  • Faire faire un Voucher touristique et une lettre d'invitation sur le territoire Russe. Ces papiers sont à demander à l'hôtel où vous séjournerez. Si comme nous, vous partez à l'aventure, sans trop savoir où vous dormirez, il est possible de passer par tout un tas de sites internet qui proposent de vous donner ces documents moyennant quelques dizaines d'euros. Nous avons choisi www.russieautrement.com et recommandons leurs services. Pour 20€ par personne nous avons reçu en moins de 24h nos lettres d'invitation et nos vouchers + un programme fictif détaillé de toutes nos activités sur le territoire russe.
  • Avoir une photo d'identité type passeport (pas de sourire, pas de cheveux sur le front - à la russe)
  • Remplir un formulaire de demande de visa en ligne. Attention il faut remplir le formulaire en russe ou en anglais mais pas en français. C'est ici.
  • Prendre ensuite, une fois tout ça réuni, un rendez-vous à l'ambassade de Russie la plus proche de chez vous. En ce qui nous concerne, que ce soit à Paris ou à Bruxelles, des centres de visa (vhs) ont été ouverts. Ce qui veut dire que ça va beaucoup plus vite pour faire faire son visa mais c'est aussi 35€ de plus... Pas le choix ! Nous sommes allés à Bruxelles, avons déposé nos papiers à une vitesse record et une semaine plus tard les visas étaient prêts. Tout ça pour la modique somme de 85€ par personne tout compris.

Pour info, ce sont les démarches à faire en tant que français et pour un parcours précis (fictif !) que nous leur avons donné, à savoir : St Pétersbourg, Moscou, Omsk, Irkutsk, Ulan-Ude.
Nous avons appris par exemple que pour un Australien il faut fournir une autobiographie en langue russe ou que pour visiter une certaine ville de Russie, il faut fournir un test de dépistage du Sida...

30 jours en Russie
Date d'arrivée sur le territoire : 24 août 2013, date de sortie : 22 septembre 2013.
Nous avons donc 30 jours en tout pour découvrir cet énorme bout de terrain qui prend pas mal de place sur la carte du monde. Autant dire qu'il ne va pas falloir être trop gourmands.
D'après nos premiers repérages et nos billets d'avions, nous commencerons effectivement par visiter Saint Petersbourg puis Moscou où nous voulions initialement prendre le trans-mongolien.

Notre voyage s'inscrivant toujours plus dans une démarche de rencontres par affinités avec nos valeurs, nous choisirons nos destinations en fonction des personnes, et non des bâtiments.
Pour faciliter nos recherches, nous utilisons le site Couchsurfing, qui nous a bien aidé lors de notre périple le long du Danube.
Nous avons déjà fait un premier repérage en tapant ces mots clé dans le moteur de recherche du site :
Permaculture, écovillages, vivre autrement, vivre sur un bateau, végétarisme/végétalisme, agriculture biologique, agro-écologie, etc.

De ce fait, nous ciblons beaucoup plus facilement les gens qui auront déjà les mêmes fondamentaux que nous, et nous pourrons vraiment échanger sur les idées et concepts qui nous unissent.
Il arrive parfois que certaines personnes partagent toutes nos idées ! Autant dire que nous ne manquerons pas de provoquer la rencontre...

Et, grâce à ce procédé, nous avons quelques pistes !

• Un monsieur qui vit seul dans une maison à la campagne à 6h de Moscou, et qui héberge gratuitement des gens voulant lui prêter main forte dans les tâches de la vie quotidienne (couper du bois, cueillir les baies, récolter les champignons, faire du feu, travailler la terre, etc.) 
C'est ici.

 Plusieurs Ecovillages russes (C'est quoi un écovillage ?)    
- http://grishino.org/  
- http://nevo-ecoville.narod.ru/         
- http://www.ecobs.ru 
D'ailleurs, pour les écovillages, un site très bien fait répertorie sur une carte toutes les initiatives, à l'échelle mondiale, ou européenne.

• Plusieurs personnes répondent à tous les mots clé dans une ville située près de la frontière ukrainienne, Rostov-sur-le-Don. Considérant cela, nous pensons aller faire un tour dans cette ville même si originellement ça dévie largement de notre premier itinéraire. 
Qu'importe ! Il n'y a plus d'itinéraire qui compte après tout.

Alors dans tout ça le trans-mongolian ? Eh bien nous le rattraperons plus loin ou nous irons en Mongolie d'une autre manière, difficile à dire pour le moment. 
En tout cas ce visa est certainement le premier d'une longue série à figurer dans nos passeports...

Pendant ce temps là, nous continuons à savourer le moment présent...




dimanche 24 février 2013

Dans un semestre !

Hier c'était le 23 février 2013, ce qui veut dire que nous partions dans 6 mois tout pile.
Aujourd'hui c'est encore mieux car nous partons dans moins de 6 mois !
Nous regardons avec un oeil amusé la chronologie dans la colonne de droite de ce blog : le premier post date de 2010 ! Nous avançons et tout se précise.

Les faits :

- Premier bouleversement de plan. Nous avions donc acheté nos billets Bruxelles - St Pétersbourg avec une escale de quelques heures à Tallinn. Suite à une erreur de la compagnie aérienne, cela se transforme en une visite d'une journée de la capitale estonienne avec hôtel compris. Nous en sommes ravis. On sait donc déjà où nous dormirons dès la première nuit de notre départ, quel luxe ! Ça nous fait partir un peu plus en douceur encore.

- Nous avons franchi la barre des 10 000 euros économisés ! Entre les dépenses déjà effectuées (matériel, vaccins, visas, assurance) et ce que nous avons réellement mis de côté, nous en sommes même à plus de 12 000 euros ! Nous ferons un petit bilan chiffré de notre budget juste avant de partir, au cas où certains auraient envie d'en savoir plus pour préparer le même type de voyage.

- Nous commençons à vendre nos affaires au compte-goutte dans l'optique d'avoir un déménagement le plus léger possible et pour amasser un petit pécule non négligeable. Le bon coin nous facilite bien la tâche. Ca fait beaucoup de bien de se sentir se déposséder au fur et à mesure. On partira léger, avec ce qu'on jugera être l'essentiel.
Ce qui est amusant et bon c'est que quand on casse ou perd maintenant un objet, c'est presque une délivrance de se dire qu'il ne faudra pas l'emporter dans un énième carton. On se détache. Il paraitrait qu'on ne possède pas les objets mais que ce sont eux qui nous possèdent, vérifié et confirmé par nous.
Personne ne devrait jamais se mettre dans un état de colère/tristesse/stress/déception pour avoir simplement perdu ou cassé un bout de quoi que ce soit.

- Nous avons souscrit à notre contrat d'assurance voyage chez CHAPKA Assurance, du groupe ACE. Une bonne chose de faite ! Ca rassure pas mal de monde autour de nous et puis surtout ce sera le sésame pour certains pays dans lesquels on ne peut pas retirer de visa sans avoir une attestation de prise en charge en cas de maladie, décès et autres réjouissances.

- Nous avons rendez-vous au consulat de Russie de Bruxelles le 11 mars pour finaliser les papiers pour le visa. Tout un parcours du combattant pour le visa russe mais on en voit le bout ! Nous avons notre gros dossier avec passeport, photo d'identité, attestation d'assurance, fax de confirmation de réservation des hôtels, itinéraire détaillé, invitation officielle sur le territoire russe, formulaire de demande. Au final le visa nous revient à 85 euros par personne, soit quasiment le même prix que le billet d'avion !

- Nous reprenons un élan de motivation dans l'apprentissage du chinois. On a aussi décidé de travailler certaines langues en solo pour avancer plus vite. En ce moment c'est le russe pour Alex et le mongol pour Raph.

La démarche :

Au fur et à mesure des mois, des jours, le projet a beaucoup évolué. Il a toujours été notre bouée de secours dans les moments difficiles, la lueur au bout du tunnel en quelque sorte. On a commencé à le penser d'une nouvelle manière en constatant ce qu'on avait vraiment construit depuis tout ce temps, ce à quoi on tient, ce vers quoi on désire aller…
Alors que nous pensions partir environ 1 an et demi, que les premiers posts de ce blog ne montraient essentiellement que des cartes et des itinéraires, nous avons décidé de transformer le "Nous partons en voyage" en "Nous partons."
Concrètement, on a pris la décision de partir sans limite de durée et de ne penser notre itinéraire qu'en terme d'envies et de rencontres. Comment pouvoir prévoir dès maintenant si le Sri-Lanka vaudra le détour ou si le Vietnam peut se faire largement en 3 semaines de temps ?
Nous ne voulons plus concevoir ce voyage comme un voyage en tant que tel. Nous voulons le considérer comme la suite logique de notre vie, sans discontinuité. Essayer de vivre comme des semi-nomades, en déplacement pour étancher une soif de rencontres, et s'installer quelque part quand l'envie s'en fait sentir. Ni plus ni moins. Aussi simple que cela.

Dans cette optique, Raphaëlle a quitté son travail le 15 janvier dernier. Économiser pour partir oui, mais pas à n'importe quel prix. S'écouter, essayer de ne plus prévoir, se sentir libre et heureux. Nous laissons bien sûr en France de la famille et des amis auxquels nous tenons énormément mais pourtant l'avenir est ailleurs pour nous, nous le savons, c'est une conviction forte à l'intérieur.


Nous nous sentons nous éloigner du modèle de société dans lequel nous avons grandi et sommes devenus adultes.
Le végétarisme, le végétalisme, l'argent et la finance, la maison, la retraite, l'éducation, la religion, le téléphone, les réseaux sociaux, la politique, les utopies. Nous passons tout à la moulinette, en retournant et retournant toujours tout dans un sens et dans un autre. Nous remettons beaucoup de choses en question, constamment. Nous nous remettons en question aussi, ce qui peut perdre parfois des gens en route.

Nous sommes à la recherche de modèles. Nous voulons rencontrer des modèles qui fonctionnent, des jeunes projets ou des vieux projets qui innovent dans toutes les matières, parler aux gens, visiter la campagne, comprendre ce qui motive les gens à se lever aujourd'hui.
Nous voulons être actifs, nous sentir vivre, nous sentir utiles, vivre l'instant. Nous voulons emmagasiner de l'expérience. Avoir la tête remplie comme une pastèque de gens, de projets, de rêves, d'idées, de choses, de paysages.

Mais nous avons aussi besoin de se retrouver à deux, de réfléchir, de se préserver, d'instaurer des temps longs où l'on ne croise pas une seule âme vivante. Nous avons besoin des deux.
Et notre force c'est justement nous deux. On a l'impression de pouvoir tout traverser ensemble, de pouvoir tout recréer, on se donne l'un l'autre la force nécessaire pour ne pas se laisser submerger par le scepticisme ambiant, et il en faut beaucoup parfois ! Une certitude que nous matérialiserons en août prochain.
Nous profiterons en effet de notre fête de départ pour nous marier.
Encore de nouvelles aventures !