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mardi 16 septembre 2014

Tout se transforme !

Ouh la la ouh la la !

Un long moment est passé depuis le dernier article, un long moment pour se stabiliser...
Finalement, qui lira encore ce blog ? (A part évidemment David, maire d'une petite commune picarde, que nous comptons apparemment parmi nos fans les plus fidèles, héhé. Merci à lui ! )
Peu importe, nous continuons à garder une trace de tout ça, de toute l'évolution si rapide que nous venons de traverser et que nous continuons à vivre...

Les débuts
Depuis le mois de mai dernier, et comme nous l'avions alors évoqué, nous avons emménagé dans un petit village du Pas de Calais : Louches.
Cette vie à la campagne dont finalement nous avions tant rêvé, nous l'avions enfin à portée de main.
Il y aurait beaucoup à dire sur l'installation, bien plus simple à voir en photos ! 

Premiers jours : Alex creuse un emplacement pour notre compost à l'arrière de la maison


Pendant que j'installe notre première bouteille de gaz, fini le gaz de ville ahah !

Le jardin au tout tout début : une terre absolument nue. Notre parcelle va jusqu'à la limite des piquets en bois
A l'avant de la maison, un petit coin de pelouse qu'Alex tond à l'ancienne !
A l'intérieur on a des volontaires pour tout installer !
Et puis, nous gardons nos vieilles habitudes : de bons jus pour se donner de l'énergie et de la transformation alimentaire pour préparer l'hiver : conserves de cœurs d'artichauts, confitures en tous fruits, coulis de tomate, ketchup, cornichons, vinaigre de banane...



Contenu de frigo type à la maison

Noyaux de cerise pour en faire un coussin un jour, queues de cerise pour les tisanes ! Rien ne se perd, tout se transforme !




Vue de derrière la maison au coucher du soleil : verdure et vaches

La suite
Quelques mois ont passé et tout a continué de se transformer... Le jardin, qu'Alex a baptisé affectueusement son "potajungle" a bien changé !
Nous y avons planté, entre autres : lentilles, pois-chiche, pommes de terre, tournesols à graines, phacélie, aneth, persil, carottes, poireaux, potimarrons, maïs de différentes variétés, cornichons, courgettes, courges diverses, soucis, oeillets, mauve, oignons, fenouil, fenugrec, salades, tomates, millet, haricots verts, haricots à écosser, haricots mungo, sarrasin, pavot, épinards, brocolis, choux romanesco, moutarde indienne, et j'en oublie certainement plein...
Tout n'a pas fonctionné mais nous avons tout de même eu de belles récoltes et tout ça a été un prétexte à observer, découvrir et apprendre !

Jungle de légumes et herbes sauvages, vue depuis la terrasse
Alex seul parmi les tournesols géants et les maïs
Première carotte récoltée il y a quelques semaines !
Ce qui est à préciser dans l'histoire et qui donne matière à réflexion c'est la réaction du propriétaire face au potajungle...
Si vous êtes observateur, vous aurez remarqué sur les photos que notre jardin est enclavé dans un terrain cultivé bien comme il faut, en rangs... Il s'agit du potager de notre propriétaire. Nous partageons le terrain qui est derrière chez nous, ce qui ne nous posait aucun problème au début... Au début seulement...
Très vite, M.F, notre propriétaire, s'est inquiété de la prolifération de ce que l'on appelle communément les "mauvaises herbes". Il n'a pas cherché à comprendre ce que nous développions, il était simplement très mécontent de cette anarchie naturelle, lui qui a combattu les mauvaises herbes à mains nues depuis 70 ans. Quant au plan du jardin, les rigoles creusées entre nos parcelles drainent les eaux de pluie jusqu'à son terrain en rangs, qui lui en souffre... Évidemment car le jardin est en pente, c'est bien pour ça que nous y avons creusé des rigoles... On ne peut pas lutter contre la pluie mais on peut essayer de ne pas trop en être affectés.
Ce jardin que nous expérimentons ne laisse pas indifférent. Je ne sais pas s'il aurait fallu préférer l'indifférence à la réaction très agressive de M.F nous menaçant de faire venir un huissier pour récupérer sa précieuse terre et nous coupant ensuite notre arrivée d'eau de pluie.
Je ne crois pas.
M.F observe tous les jours depuis sa parcelle ordonnée ce qu'il se passe chez nous... Lui tellement persuadé que nous allons étouffer tous les légumes sous les mauvaises herbes, que ces mauvaises herbes ne sont bonnes qu'à être éradiquées (y dédiant sa vie car elles reviennent toujours, toujours, toujours), ne se posant même pas la question de savoir pourquoi elles poussent là et pas autre part.
Je ne pense pas qu'il ait un caractère à changer d'avis ou de positions mais il est en tous cas obligé de voir que nous avons de beaux légumes, que les choses poussent, que le jardin est sain.

Et nous nous continuons à faire ce que nous pensons bon pour nous et pour la terre, le plus naturellement possible. Tout ça nous amène à l'observation de plus en plus poussée des insectes, des plantes sauvages. Essayer de mieux comprendre ce qui nous entoure, un apprentissage infini qui demande beaucoup d'humilité.


Et notre projet dans tout ça ?
Et bien oui, nous parlions d'épicerie sans déchets, puis nous évoquions l'envie de créer un groupement d'achats pour y vendre nos propres produits en même temps que de promouvoir des produits du coin...
Mais comment s'investir dans un village alors qu'on ne sait pas combien de temps nous allons y rester ? Il faut bien admettre que ces histoire de M.F ne nous promettent pas un avenir radieux et constructif à Louches...

Heureusement pour nous Alex est très épanoui dans son travail en magasin bio et nous vivons tout à fait à notre aise avec ce salaire unique, nous qui n'avons que peu de besoins. 
De quoi avons-nous réellement envie ? Suis-je heureux-se ? Sinon comment y accéder le plus simplement ? Je suis ravie que nous fassions partie de ces gens qui se posent ces questions et mettent tout en œuvre pour avancer dans ce sens. 
Actuellement nous sommes très heureux. Nous vivons à un rythme doux, un rythme que nous avons choisi, nous ne voulons pas être brusqués. Nous vivons une magnifique expérience qui vient bousculer un peu le reste mais qui nous apporte toute satisfaction au présent : nous devenons parents. Nous attendons notre premier enfant qui naitra d'ici le mois de février 2015.
Alors voilà, au présent, nous sommes comblés. Nous nous sommes offerts le droit de vivre cette grossesse pleinement, en mettant tout projet de côté, pour le moment. 
Car après tout si nous sommes totalement heureux, pourquoi vouloir faire plus ? Et si c'était si simple ? On évoluera en temps voulu. 

J'écrivais il y a quelques heures un mail à une amie chère dans lequel je parlais du prix de la liberté. Pour nous actuellement, la plus grande liberté serait de s'acheter un chez-nous sans M.F : un terrain ou une maison. Mais quel prix a cette liberté ? Celui de renier une plus grande liberté encore...
Je m'explique. Si Alex rentre ce soir de son travail, m’annonçant qu'il n'est pas heureux, nous avons cette liberté de tout arrêter : nous n'avons pas de prêt en cours, avons des économies. Et ça pour moi, pour nous, c'est primordial. 
La liberté de pouvoir à tout moment tout changer, de pouvoir à tout moment privilégier le fait d'être heureux. Pour moi c'est ça le but ultime.
Alors on réfléchit à des alternatives : avoir un chez soi qui ne demande pas de s'aliéner à une banque, vivre de manière plus sobre mais finalement plus épanouissante et plus connectée à ce qu'on ressent...
Alexandre pour notre mariage, a fait broder une phrase dans sa veste "ne pas oublier le plus important", phrase qui nous a toujours accompagnée depuis que nous sommes ensemble, et qui là encore trouve tout son sens.



lundi 12 mai 2014

On en remet une Louche(s) !

Et bien et bien, comme nous constatons que notre blog est toujours consulté et suivi, et aussi parce que ça nous fait du bien d'écrire tout ce que l'on traverse pour mieux prendre du recul...
La suite de nos aventures !

Comme nous en avions parlé dernièrement, nous avons suivi un stage intitulé "de l'envie au projet", organisé par l'AFIP à Ambricourt. 3 jours vraiment intenses et très constructifs !
Disons que nous n'avons pas seulement parlé des statuts juridiques ou du budget nécessaire à l'élaboration de notre projet, mais aussi de ce qui nous amène vraiment à vouloir monter CE projet et pas un autre, est-il en accord avec qui nous sommes vraiment...
Pour nous ça a été une vraie occasion de faire le point sur où nous en sommes, car mine de rien nous nous trouvons à un moment de notre vie où de grandes décisions sont prises : où vivre, comment vivre... Nous avions beaucoup d’éléments de réponse, mais tout était très mélangé.
Ce qui nous a sauté aux yeux après cette session c'est surtout que ce projet est à envisager sur du long terme, que la manière la plus saine pour nous de l'appréhender est vraiment de voir chaque chose en son temps : trouver un territoire, s'y intégrer, participer à sa dynamisation.
Et comme par magie, de simplement ressentir qu'on a le temps, tout s'est débloqué.

Tout à coup on a pu envisager une manière de faire toute douce, qui nous enthousiasmait !
Et puis surtout, on a trouvé notre maison !
Nous allons louer une petite fermette rénovée à Louches, village de 1000 habitants entre St Omer et Calais. Nous sommes vraiment très contents de cette perspective : tester un nouveau territoire et voir si on y reste pour de bon !
Emménagement prévu le 15 mai, soit dans quelques jours !
On ressent l'énergie d'un nouveau départ, le début de nouveaux tests dans notre laboratoire... On va avoir une vraie maison, un jardin, un terrain d'expérimentation infini, sans jugement et sans limites.
Et l'idée serait d'y héberger un groupement d'achat dans un premier temps : se mettre en contact avec des producteurs locaux, trouver une quarantaine de foyers intéressés par l'idée d'acheter des produits du coin à prix avantageux, et par ce biais également vendre nos propres produits...
C'est, il nous semble, une bonne manière de se faire connaitre dans le village sans être trop envahissants.

Mais dans un premier temps, on s'installe !
On va avoir besoin d'un tout petit peu de temps pour créer un vrai chez nous propice à tout ce qu'on veut y construire. Et on a déjà hâte hâte hâte : d'aller se présenter à la mairie, de semer nos multiples graines récoltées en voyage, de rencontrer nos voisins, de se sentir à la maison et d'y accueillir du monde.


Alors en attendant on continue tout un tas de choses.
On a redéfini l'image de nos produits : chacun portera désormais un prénom de grand-mère, référence à la qualité des bons produits d'antan, plein de goût et d'amour.
Notre pâte à tartiner, devient La Ginette au chouette goût de noisettes !




Et puis, on a fait du concentré de tomates, du chocolat cru aussi, à partir de fèves de cacao...
Tout ça était fort bon...

On épluche les fèves
On les réduit en poudre grâce à notre super mortier thaïlandais
On mixe
On moule, on démoule et on mange

Dans de grandes recherches pour la déco-récup de notre maison, j'ai aussi tenté, avec succès, de transformer du bois pas très joli, en bois très beau ! Je tenterai bien d'en faire une petite table de salon... On verra ça !

Dans un bocal on fait macérer du marc de café avec du vinaigre blanc et de la paille de fer


Après une nuit on frotte le mélange sur du bois brut. Sur la photo du haut, on voit à gauche le bois de base et à droit le produit fini. Pas mal non ?

Alors voilà pour la suite de nos pérégrinations...
Il y aura très certainement à suivre, des photos et réflexions sur l'aménagement du jardin, sur d'autres idées de déco-récup. Et puis je me suis lancée dans un projet à looong terme de tapis à partir de vêtements recyclés et tressés... Là aussi il y aura des photos...

vendredi 11 avril 2014

Un nouveau rythme

Bon et bien la grande nouvelle de la semaine c'est que moi, Raphaëlle, je me retrouve seule en journée, et ça après 9 mois ensemble non stop c'est un peu dur dur.

Des explications sont de mise !
Quand nous sommes rentrés, peu après avoir découvert que notre budget ne nous permettrait pas d'acheter un terrain ET de bâtir dessus, nous avions continué à réfléchir de plus bel sur ce qu'étaient nos priorités, quels projets nous voulions mettre en avant, etc.
Il en ressortait que nous voulions vraiment construire notre maison, avoir un jardin, mais alors comment s'y prendre ?
Il en ressortait également que nous avions envie de développer notre projet d'épicerie, continuer à tester nos produits.

A un moment on s'est dit que pour avancer, un de nous deux devait trouver un boulot.
Un boulot c'est le sésame pour pouvoir louer une petite maison en attendant de construire la nôtre, et puis à terme c'est aussi une manière de contracter un emprunt pour cette fois ci pouvoir acheter un terrain et bâtir dans la foulée.
On a tous les deux postulés quelque part, ça nous a pris une heure, et puis l'idée était partie comme elle était venue. On avait arrêté d'y penser, on s'est dit que tant pis, on resterait peut-être dans la maison de mes parents à la mer pendant plusieurs mois, qu'on verrait, qu'on pensait à l'épicerie.

Et puis voilà qu'il y a deux semaines, la Biocoop où Alex avait postulé le contacte pour un entretien. On avait complètement oublié, on n'en attendait rien du tout. Et là bizarrement, on a été contents de cette perspective, on s'est imaginés bien vite emménager dans un petit chez nous, et surtout ça relâchait la pression qu'on mettait sur l'épicerie (il faut que ça marche à tout prix, on n'a pas d'autre choix, il faut arriver tous les deux à en vivre, etc.)
Alors voilà, ça a marché et Alex a commencé à temps plein hier. 
On sait qu'on fait ça pour les bonnes raisons, qu'on va reconstruire notre nid, qu'on va se relancer dans notre projet de construction dès que son CDD deviendra un CDI d'ici fin septembre. Et puis il est chargé du côté épicerie : gestion des stocks, conseil clientèle, l'occasion d'apprendre plein de choses pour notre propre projet, hier il est d'ailleurs rentré tout étonné de constater que le sirop de cola se vende si bien !

Moi de mon côté, je cherche une maison à louer (car la biocoop est loin de la mer et nous voici de retour chez mes parents) et je vais développer notre propre projet avec l'envie folle que ça marche pour qu'on puisse en vivre et qu'on retrouve notre rythme à deux tout le temps.
Car oui, il reste un petit bout de moi qui, malgré toutes les bonnes raisons énumérées, se demande si le jeu en vaut la chandelle, si être séparés 35h par semaine pour un maigre salaire vaut le coup, si être séparés vaut le coup tout court dans une vie où le temps est limité. Je me dis aussi que le "nous en voyage" n'aurait pas voulu rentrer dans ces conditions.
Pourtant on réalise bien que vivre sans argent c'est impossible, en tous cas pour l'instant. Le retour on ne le regrette pas, on est heureux d'avoir découvert où nous voulions vivre, maintenant il faut agir en conséquences, faire ce qui est le mieux pour nous, pour s'installer. Alex me dit qu'on joue au jeu de la société, que tant qu'elle fonctionne sur ces bases et valeurs ci, on doit s'y plier. Mais que dès que nous aurons un petit chez nous, vraiment à nous et plus aux banques, on sera plus libres et qu'on pourra continuer nos chouettes promenades et nos confitures. Et puis il est content, l'ambiance est bonne et il apprend des choses.

En tout cas, pour la première fois depuis de nombreux mois, je regarde l'heure et je trouve le temps long, j'ai plein de choses à faire mais notre rythme est bouleversé.

A suivre, les visites de maison qui commencent demain et la semaine prochaine la session de travail pour notre projet d'épicerie sans déchets.
Et au fait, notre moutarde était réussie !

samedi 29 mars 2014

Cogiter, vivre à la mer et faire sa moutarde

Tout est dans le titre. Nous continuons à la fois à planifier notre futur proche et lointain et à se promener et expérimenter tout un tas de petites choses qui nous plaisent follement.

Le rendez-vous que nous avons eu avec l'association AFIP pour se faire accompagner dans le montage de notre épicerie a été vraiment enthousiasmant, nous en sommes ressortis très motivés et nous nous revoyons dans peu de temps pour une session de 3 jours intensifs, pour faire mûrir les idées et rentrer dans le concret.

En attendant, nous avons décidé d'attendre de toucher nos précieuses aides avant de se chercher une jolie maison avec jardin prête à nous acceuillir. Mais c'est là que nous avons beaucoup de chance, les parents de Raph ont une petite maison près de la mer à Hardelot et nous laissent gentiment les clés, c'est donc là que nous avons pris nos nouveaux quartiers et on y est vraiment bien !
On se promène, on repère les endroits où on retournera cueillir des cassis, des argousiers, des mûres... On a même vu une ruche sauvage ! Qu'est ce qu'on savoure encore et toujours, tout ce temps libre que nous avons ensemble à réfléchir, marcher, rigoler et à bricoler !

D'aileurs, il y a une petite semaine, nous nous sommes essayés à fabriquer de la moutarde maison, dans l'idée d'un jour semer, récolter et transformer notre propre moutarde.
Pourquoi faire sa moutarde ? Parce que c'est super simple, super bon, super rapide !
4 ingrédients principaux : graines de moutarde, vinaigre, eau, sel.

Lorsqu'on regarde sur les blogs de gens qui s'essaient à la fabriquer, tous rajoutent un peu d'huile, de la farine, du curcuma, du sucre, du miel, des herbes, mais tout ça nous paraissait beaucoup, surtout si à terme, notre but est d'être totalement indépendants dans notre production.. Et pour une première fois, nous voulions connaître le goût de cette moutarde "pure".

Pour être encore plus indépendants, il faudrait que nous produisions notre propre vinaigre, ce qui imposerait d'avoir des vignes, ou des pommes, ou tout autres fruits en quantité suffisante... Enfin bon, pour commencer, on se contentera d'aller se fournir chez le producteur de vinaigre de cidre du coin, ce n'est pas ça qui manque dans la région... Mais le vinaigre ça suivra ça oui !

Comme il faut un début à tout, la première expérience n'était pas très concluante. Nous avions trempé une petite quantité de graines dans un mélange approximatif de vinaigre et d'eau et puis le lendemain, nous avons voulu les passer dans notre mixeur de compétition.
Problème, notre Robot-coupe tant efficace avec notre pâte à tartiner a eu bien du mal à réduire en pâte ce mélange de graines humides ! Nous pensons que c'est à cause de la trop petite quantité que nous lui avons donné, mais dans tous les cas, les graines deviennent vraiment très visqueuses et ont du mal à passer sous le couteau, même avec un mixeur de plus petite taille, ou il faut s'y prendre à plusieurs fois.
Nous avons tout de même réussi à obtenir quelque chose ressemblant à de la moutarde, mais avec l'obligation d'y ajouter de l'huile pour la consistance. Au goût, nous sommes un peu restés sur notre fin.

Comme nous sommes plutôt persévérants, nous avons pensé qu'une autre méthode serait peut-être plus appropriée pour réaliser la moutarde, plus proche de celle pratiquée traditionnellement : moudre ses graines à sec, puis rajouter ce qu'on appelle le verjus (ici vinaigre + eau), nous avons donc décidé d'investir dans un moulin à graines de pavot !

Et voici notre deuxième essai, qui paraît beaucoup plus concluant, et en texture, et en goût, sans aucun autre ajout que les 4 ingrédients principaux suscités !

Les graines passées avec Jupiter, notre moulin manuel
Et en plus, pas d'électricité, juste de l'huile de coude !

On obtient une pâte grossière un peu huileuse

on prépare notre verjus (60% vinaigre 40% eau)

on ajoute au fur et à mesure le liquide et on mélange !
On a obtenu quelque chose qui se rapproche beaucoup plus d'une texture de moutarde, plutôt fluide tout en restant granuleux car artisanal !

Dans tous les cas, il faudra attendre 48h pour la goûter, car les graines de moutardes fraîchement moulues rendent de l'amertume... On vous dit quoi !

mercredi 19 mars 2014

Balade à la poudrerie d'Esquerdes

Aparté bucolique, maintenant que nous avons acquis notre propre véhicule, prénommé Edgar, un beau Citroën Berlingo bleu chromé, nous avons la chance de visiter les "coins nature" de la région !

Edgar, prince de la cabriole

Premier site d'une série qui s'agrandira peut-être ! Sans grands discours, simplement des images de nos petites trouvailles et découvertes. Il s'agit d'une ancienne poudrerie, située à Esquerdes, dans le 62, le long de la vallée de l'Aa.
L'identification des plantes a été réalisée par des personnes d'un forum que je fréquente souvent : jardins-du-nord.fr qui sont une mine d'or de connaissances en la matière ! Merci à eux.

Clématite des Haies
Sert à faire des cordes et à lier les bottes. Se fume une fois séché !

Fleurs du cornouiller mâle
Produira des petites baies rouges comestibles une fois blettes qui ressemblent à des petites cerisest. On peut en faire d'excellentes confitures !

Renoncule Ficaire
Leurs racines contiennent un puissant calmant, qui peut servir de baume pour apaiser les hémorroïdes. Elles se mangent également cuites ou frites comme des tempura. Sinon tout se mange, même la fleur, mais avec parcimonie.

Lierre Hedera Helix
 Le lierre peut servir de produit vaisselle car il contient de la saponine entre 5 à 8%. (Ca ne tombera pas dans l'oreille de deux sourds.) La plante est aussi purgative (quelle plante ne l'est pas ??)

Mercuriale vivace
Cette plante contient aussi des saponines, mais elle sent mauvais lorsqu'on en froisse les feuilles, donc à voir si elle est utilisable en tant que savon...














dimanche 16 mars 2014

La confiture d'églantine

Hier, confiture improvisée !

En se baladant dans la forêt de Clairmarais-Rihoult, nous sommes tombés nez à nez avec des églantiers dont les baies étaient encore bien rouges ! C'est curieux, car habituellement, à cette période de l'année, nous pensions qu' elles devaient déjà avoir eu le temps d'être gelées puis flétries puis complètement noires et décomposées. Peut-être est-ce dû à l'hiver doux 2014. On les a trouvé bien mûres et bien tendres, prêtes à être cueillies.

Armés de notre sac en tissu, nous avons donc commencé la cueillette dans l'idée de se lancer dans l'aventure de la confiture d'églantine, ou de cynorrhodon. Quand on a goûté une fois, on comprend notre engouement. Nous avons récupéré à peine 800g de baies, et nous en avons tiré deux pots et demi...

Voici les photos de son élaboration !

Enlever les mouches (partie noire du bouton)

Notre modeste récolte !

Recouvrir d'eau et porter à ébullition 15 min

Ajouter par louchées le jus et les baies et passer au moulin (être deux c'est plus facile !)

Obtenir du steak hâché

Obtenir une pâte de concentré de tomates en fait
Passer cette pâte au chinois permet d'éviter de manger les poils

Recuire avec la moitié de sucre ou un peu moins jusqu'à nappage (15 min)

Notre modeste résultat
Le meilleur moment
Et aujourd'hui, cueillette improvisée de violettes odorantes...
On a réussi à en trouver 70g, rien que sur les bords des chemins des coteaux calcaires de Wavrans-sur-l'aa !

Le sachet qui hume bien bon !
Prêt à être infusé !
On va s'essayer au sirop de violette, on vous racontera...

mardi 11 mars 2014

De deux coups fils

C'est fou ce qu'en deux coups de fils les choses peuvent basculer...

Il faut vous dire que jusqu'à avant-hier, nous pensions encore acheter un terrain et y bâtir notre maison en paille et en terre, jusqu'à ce qu'on se rende compte que nous n'avions tout simplement pas les moyens de se lancer dans un tel projet. Si nous avons les moyens pour acheter un terrain, nous n'en avons plus pour commencer les travaux. Alors c'était reparti pour un jour morose où nous nous posions tout un tas de questions sur la vie et la recherche d'un travail, dans quel but, à quoi bon, etc. Une bonne journée quoi.

Mais ce matin...
Nous nous sommes réveillés par un appel d'un conseiller en immobilier, mandaté par le Maire d'Hergnies, vous savez la fameuse ville promise dans laquelle nous souhaitions installer notre épicerie-concept. Cet appel a abouti sur un rendez-vous pris dans un hôtel pour discuter de notre projet.
Alors que nous avions enfoui le projet d'épicerie pour pouvoir le ressortir dans une dizaine d'années, voilà qu'on se remet à nous faire remonter ce projet à la surface. Bizarre !
Pour être tout à fait francs, l'idée de se pointer face à un type qui va nous "conseiller" on ne sait pas bien quoi alors qu'on pourrait très bien avancer les démarches nous-même ne nous emballe pas trop.
Mais, ça a au moins eu le mérite de nous faire ressortir ce fameux dossier d'épicerie et d'en reparler !
Et puis, le Nord, on l'avait mis de côté, maintenant nous voulons nous installer dans le Pas-de-Calais, rien à voir !
Le clocher tordu de Verchin, pays des 7 vallées

Et puis un peu plus tard dans l'après-midi, nous avons eu l'idée de contacter par téléphone à tout hasard l'AFIP (développement d'initiatives rurales), une association installée au Germoir à Ambricourt, près de l'endroit où nous aimerions bien vivre.
Le Germoir, c'est un endroit un peu particulier, où des porteurs de projets motivés (comme nous!) peuvent s'essayer dans un délai de deux ans à créer leur activité, ou s'installer en maraîchage biologique en mettant en commun des terres et des outils.
Le Germoir aurait donc la capacité de nous fournir un local dédié à la vente ainsi qu'une aide suivie personnalisée de notre projet d'insertion en milieu rural. Le tout pour rien d'euros du tout car c'est entièrement subventionné par l'Etat et le conseil régional ! Génial !

Nous allons donc nous rendre à un premier accueil pour les porteurs d'initiatives le 20 mars, à Hazebrouck, à la maison du paysan pour y rencontrer un conseiller, cette fois quelqu'un de beaucoup plus ciblé sur la démarche de développement en milieu rural qu'un conseiller en gestion d'immobilier qui se prendra une grosse marge pour son expertise... vous voyez le genre. Nous n'avons plus qu'à annuler ce rendez-vous à l'hôtel...

Et nous voilà repartis !









mercredi 5 mars 2014

Visitons le Pas-de-Calais !

Depuis que nous avons décidé que la chose qui nous rendrait le plus heureux à l'heure actuelle était d'acheter un terrain, pour se lancer à moyen terme dans la construction de notre maison en ballots de paille et terre, nous parcourons le département du Pas-de-Calais en long, en large et en travers !

Nous prospectons et rencontrons des personnes qui ont des projets, qui s'investissent dans la vie locale, qui sont dans le partage et l'échange, et ça nous fait beaucoup de bien !

Si bien que nous avons décidé d'investir dans une bonne carte du Pas-de-Calais et de s'y plonger afin de mieux comprendre notre futur département !

La conquête du Pas-de-Calais
Nous en avons donc profité pour créer une rubrique "Pas-de-Calais" sur ce blog afin d'y lister toutes les initiatives positives que nous rencontrons.
Il nous reste encore pas mal de choses à découvrir, et nous continuons en parallèle la recherche de terrains.
De quoi prolonger d'une certaine manière le voyage...

mercredi 26 février 2014

Des plans sur la comète

Maintenant que nous avons visité ce terrain dans le Pas-de-Calais, nous pensons sérieusement à acquérir un terrain afin d'y construire une maisonnette. Peut-être que ce sera à Vaulx, peut-être que ce sera ailleurs, mais l'idée d'avoir un jardin et de commencer à construire notre maison nous emballe beaucoup plus que toute autre situation ! Après tout, nous sommes rentrés de voyage à la suite d'un stage de construction, et l'envie de faire la nôtre, alors pourquoi laisser cette énergie s'affaiblir ?

Mais en 2014, construire soi-même n'est pas facilité par la fameuse réglementation ... RT 2012 ! Cette réglementation en vigueur depuis janvier 2013 nous contraint entre autres à faire une étude thermique de notre maison par un bureau d'étude, installer une VMC double flux, et choisir au moins un mode de production d'énergie renouvelable (bois, photovoltaïque, panneaux solaire pour l'eau chaude...)

Nous sommes actuellement en train de découvrir tous ces petits plaisirs administratifs français, et se pencher sérieusement sur la faisabilité d'un tel projet.

Autre chose, notre budget est très serré, mais ça tombe bien, nos besoins sont moindre, donc nous avons planché sur un design de maison carrée faisant 49m2.

Voici les premières esquisses :


Pour les matériaux, nous pensons évidemment à la botte de paille et la terre, en technique CST (cellule sous tension) avec ossature légère en bois, mais nous regardons d'autres modes de construction à faible coût comme le GREB (encore en paille), les sacs de terre (earthbags), ou encore les maisons container.
Les briques de terre par chez nous, ce serait trop long à sécher, et pas sûr d'être acceptées par la législation.

Nous avons les cerveaux remplis de démarches administratives, jargon de construction... Nous allons en tout cas commencer une recherche active de terrains dans le Nord - Pas-de-Calais !
C'est parti ...

lundi 24 février 2014

Par monts et par Vaulx ?

Dans notre recherche d'une installation prochaine, nous sommes passés par tous les stades :

Il y a 10 jours. 
Ouvrir une épicerie dans une petite ville de campagne pas trop loin de la grande ville et dynamiser le tissu social, être en location et acquérir un bout de terrain au bout de 5 ans.

Il y a 5 jours.
Ouvrir une épicerie sur Cassel et vivre en appartement sans jardin, tournée plus vers le tourisme que vers la population locale car Cassel est une ville touristique. Payer un loyer pendant 8 ans et avoir un bout de terrain dans les Flandres. Être pas trop loin de la grande ville par le train.

Il y a 3 jours.
Ouvrir une épicerie à Lille, La grande ville, être certain du succès de notre concept. Avoir une vie de quartier, être en location et faire des prêts à tout va. Être proche des amis et du cinéma, espérer avoir un bout de terrain au bout de 15 ans.

Hier.
Acheter un terrain dans le Pas-de-Calais en Artois, près d'Auxi-le-Château, rêver d'une vie paisible, construire notre maison. Ouvrir une épicerie ? Reprendre un travail à mi-temps ? Avoir une voiture, être loin des amis. Ne pas avoir d'emprunt à rembourser. Ne pas avoir de loyer. Avoir des légumes du jardin.

Voici le petit village de Vaulx (62390), et les terrains :






La petite ville d'Auxi-le-Château, limite du Pas-de-Calais et de la Somme.




A suivre...